VIVRE EST UNE ŒUVRE COLLECTIVE

Valentine Goby, Kinderzimmer

Valentine Goby, Kinderzimmer

C’est un livre que Jane m’a prêté. Elle me le tend en me disant Lis-le, tu verras. C’est un roman de Valentine Goby, Kinderzimmer. Depuis août, il est posé sur ma table. J’attends septembre, à cause du titre en allemand, de l’image sur la couverture qui annonce un monde sombre où je n’ai pas envie d’aller. Pas avant d’avoir rassemblé mes forces. Et puis un soir je commence, je lis la première phrase et puis les autres. Toute une soirée et la moitié d’une nuit, je continue d’avancer dans l’histoire de Mina, jeune résistante déportée à Ravensbrück. C’est parce qu’elle attend un enfant,  je veux savoir si l’enfant survivra. Je lis 218 pages pour savoir si l’enfant va traverser l’enfer des camps nazis, c’est une question que je me pose, assez tenace pour aller tout au bout d’une histoire, cœur battant. Avant la fin ‘écris à Jane un SMS, je veux la remercier : Kinderzimmer m’a emporté dans son récit, je veux que Jane le sache. Le livre donne assez de force pour affronter la mort nazie déployée à travers les chapitres, racontée avec des mots qui ne cachent rien de toute la machinerie vouée à la destruction des prisonnières, je veux l’écrire à Jane et puis ici, à l’intérieur d’Un cahier rouge. Parce qu’en lisant, à partir de la page 20 ou 25 je le devine que ça va être un livre important dans ma vision du malheur, en lisant je comprends. Comme pour Être sans destin, c’est un livre qu’on n’oublie pas. Un roman qui m’ébranle dans ce que j’ai appris des vivants et des morts. Je le sais au bout de quinze ou vingt pages et quand j’abandonne le livre, le temps de préparer un repas, de le partager avec femme et enfants je ne pense qu’au moment de reprendre le livre, quand ils seront couchés.

Avant Kinderzimmer je n’ai pas lu les romans de Valentine Goby. Son nom ne me dit rien mais j’ai du mal avec les noms. Je ne mémorise pas. C’est chez Gallimard puis en folio, les titres m’attirent mais je n’ai pas lu Petit éloge des grandes villes. Pas lu Qui touche à mon corps je le tue. Je les lirai maintenant j’en suis sûr. Peut-être que je lirai chacun des livres de Valentine Goby. Comme pour Savitzkaya. Comme pour Morgiève. Comme pour Rouzeau et Kertész, une fidélité volontaire à travers les années. Et dans Kinderzimmer, sur la page des œuvres parues, je découvre que Valentine Goby a écrit pour les enfants ce livre acheté pour Lyuba, quelques semaines avant sa naissance, Lyuba ou la tête dans les étoiles, les Roms de la Roumanie à l’Île de France.

Ce livre a été important. Parce qu’en Arles mon meilleur ami est rom, venu de Roumanie lui aussi. Parce qu’il a sept enfants et que j’en ai six. Parce que ma Lyuba est née 15 jours après son Gabriel, au mois de mai, qu’il deviendra le parrain de Lyuba et que je serai bientôt le parrain de Gabriel.

Bénédicte est libraire. Elle aussi a lu Kinderzimmer. Quand on en parle elle me passe ce journal, Lire, le numéro de septembre où Baptiste Liger a écrit une petite saloperie pour avoir l’air intelligent. Bénédicte est en colère, je lis les phrases de Liger dans Lire et je comprends. Il y a trop d’excellentes revues littéraires en France pour perdre son temps avec Lire. Mais les arguments de Liger sont quand même ceux d’une langue de pute et ça m’énerve. Je cherche un peu sur le net. La langue de pute préfère Yann Moix du Figaro Magazine, ou bien faire de la pub à Richard Millet ou à Alain Delon, à n’importe quelle ordure pourvu qu’elle ait juste un peu d’audimat. Logique, on commence à comprendre l’enjeu des saloperies qu’il peut écrire un peu partout. Liger préfère commenter la liste du Goncourt que s’emmerder à lire un vrai livre. Chacun son rayon. À propos de Kinderzimmer il écrit par exemple : « Mêlez en effet une période tragique de l’Histoire (la Seconde Guerre mondiale) qui cartonne en librairies, une thématique (la question féminine et, plus particulièrement, la maternité) qui cible facilement le lectorat dominant des dames et une narration lacrymale célébrant une solidarité entre quelques victimes et vous obtiendrez un pur produit calibré pour la rentrée, inattaquable sur le fond, susceptible de recevoir un vaste succès public et, allez savoir, des lauriers automnaux. » Décidément, Baptiste Liger semble obsédé par les prix littéraires, préférant se pavaner à la remise du prix Rive gauche que de lire un roman pour de bon. Prêt à assassiner un grand livre pourvu qu’on le paye. Prêt à raconter qu’un écrivain fabrique un produit calibré, un « blockbuster hollywoodien » quand l’émotion, la pudeur et la gorge nouée semblent avoir dépouillé chaque phrase de Valentine Goby. Pour lancer sa petite saloperie, le pauvre Liger va entasser virgules et parenthèses pour insulter bien comme il faut, prenant ça pour du style ou pour du journalisme, fier de son coup. De quoi parle Liger finalement ? Pas d’écriture, pas de narration. Il nous parle d’industrie culturelle, de stratégie commerciale, de foire aux livres et de coups médiatiques. Chacun son monde, c’est sa vision de la littérature, prêt à écrire pour Figaro Madame oupour Valeurs Actuelles pendant que Valentine Goby raconte l’histoire du ventre des femmes dans la guerre. Chacun son envergure, et tant pis si l’étriqué doit mordre pour exister un peu.

Kinderzimmer, détail

Kinderzimmer, détail

Mais revenons à la littérature, c’est-à-dire à l’écriture d’un texte par un écrivain qui s’obstine, avec les mots de plusieurs langues – ici le français s’est chargé de mots allemands, polonais, espagnols qui appartiennent aux déportées et aux SS de Ravenbrück – à approcher ce qu’on renonce d’habitude à énoncer à partir du langage. « Georgette sait révéler l’invisible », est-il écrit page 94 du Kinderzimmer. Et Valentine Goby sait comment faire elle aussi. L’invisible est partout dans ce livre, très fine électricité liant les corps morts ou mourants à ceux des obstinées qui veulent survivre à la déportation. Le texte est dense, chargé du poids des femmes tuées, mortes de froid ou du typhus, chargé de l’implacable logique nazie et des terreurs à l’intérieur des ventres. Il y a très peu d’images, c’est vrai. Les barbelés cernent les corps, la faim empêche d’imaginer. Mais chaque image est précise et s’imprime en profondeur dans la rétine du lecteur. Ça peut faire mal un peu, à la manière d’un soleil au zénith qu’on a fixé trop longtemps. Citons-en au moins une : « Dans le mur il y a une fissure ramifiée sur le haut en fines veinules tremblées. On dirait un delta. Le delta du Rhône, pense Mila, son corps tressaille et son manuel de géographie s’ouvre mentalement sur la Camargue, une leçon deux trois ans en arrière, elle voit les ailes d’oiseaux déployées sur la page, le sable, le sel, les chevaux. Schnell ! Lisette prend la main de Lisa et se place dans la file. » C’est sûr, ça sent le blockbuster à plein nez, a décrété Liger. D’ailleurs ici, au sud d’Arles on vit dans un décor de blockbuster, c’est bien connu. Dans le grand style de Liger, il y a les mots américains qu’il prend à TF1 et Europe 1. C’est bien plus classe dans ses papiers. Pour multiplier les petites saloperies, Liger se veut number one. Et les virgules sont comme ces clous qu’un terroriste rajoute à sa bombe pour faire plus de blessures autour de l’explosion. Logique d’ordure jouissant de la terreur, peut-être est-ce l’empathie pour les nazis qui l’empêche de saisir la plongée du livre, son avancée risquée jusqu’à l’extrême nudité des victimes ?

Dans Kinderzimmer, c’est vrai, le texte peut devenir brutal. « Hormis la merde, l’urine, le pus, le corps s’économise : il stocke le sang. Lisette n’a pas ses règles, Georgette n’a pas ses règles, ni aucune des Françaises du Block. Ni les Polonaises, ni les Tchèques, les anciennes le disent, au bout d’un moment personne n’a plus ses règles au camp : la muqueuse est sèche. Tout le sang va aux fonctions vitales, artères, veinules, veines irriguant le coeur, chaque goutte utile. » L’écriture a plus à voir avec la langue de Guyotat dans Tombeau pour 500 000 soldats qu’avec « un pur produit calibré pour la rentrée », pour reprendre les mots HEC du pauvre Liger, vite à court d’arguments. Mais Liger ne sait décidément pas lire.

Kinderzimmer, citation

Kinderzimmer, citation

La construction du récit est néanmoins assez savante, fragile, difficile à édifier tant l’après-guerre semble hermétique à l’inhumanité des camps de déportées. Il faut donc raconter, face aux classes de lycée incrédules, trouver les mots qui transmettront l’horreur vécue jusqu’à la moelle où venait naître le sang qu’il a fallu pour survivre. L’un des tours de force du roman, c’est ce retour à la réalité contemporaine. Le travail de mémoire à partir de quelques dates notées sur plusieurs feuilles de papier gris.

Au cœur du récit, il y a l’enfant dans le ventre de Mila. Le mystère du petit corps qu’on porte niché dans l’utérus. Profond, invisible à cause de la maigreur des mères squelettiques. Mila ne sait rien des mots qui expliquent ce mystère d’une grossesse. Elle les apprendra de Georgette « qui a cinq enfants, des cheveux blancs, des petits-enfants sûrement ». (…) « Elle parle d’utérus, de cocon creusé par l’enfant parmi les viscères dans un abri rouge et concave, du renflement de cette poche provisoire, c’est ce qu’elle a connu, elle dit, cinq fois ». Cet apprentissage est fondamental. Il va insuffler l’envie de vivre, la force de résister. « Alors il faut l’attendre dans ta tête cet enfant, dit Georgette; l’attendre quelque part, il a besoin d’être attendu. » La force et la beauté commencent avec ces mots d’une femme cinq fois mère. Elles peuvent ébranler quand on lit phrase après phrase, c’est violent et c’est beau comme un fleuve après l’orage. « D’une pointe de bâton, Georgette dessine dans la poussière le tube du vagin, les ovaires, la courbe de l’utérus. Une langue nouvelle encore. » La maternité est aussi un langage, et je sais que je n’oublierai pas l’étrange langue maternelle qu’a façonnée Valentine Goby pour raconter le combat de Mila, un combat pour la survie d’un enfant dans un haut-lieu de mort industrielle.

Et puis remercier Jane à nouveau. Prendre le temps de lire le récit et les huit romans que Valentine Goby a publiés chez Gallimard ou d’autres. Partir en quête des neuf albums de la collection « Français d’ailleurs » qu’elle a écrits pour Autrement jeunesse. Et rajouter ici un autre extrait, au sujet des bébés nés dans le camp de Ravensbrück :
« — Où est-ce qu’ils vont après trois mois ?
— Ils meurent. »

T.

  • Valentine Goby, Kinderzimmer, Actes Sud, août 2013
  • Valentine Goby, Lyuba ou la tête dans les étoiles, les Roms de la Roumanie à l’Île de France, Autrement Jeunesse, 2012

D’autres liens :

13 réflexions sur “VIVRE EST UNE ŒUVRE COLLECTIVE

    • Un autre extrait alors, pour le plaisir :
      « Wie heisst er ? demande la Schwester, comment il s’appelle ? Mila regarde l’enfant. James, dit-elle sans réfléchir, comme s’il avait parlé pour elle. Elle n’y avait pas pensé, pas choisi de prénom, pour ça elle attendait que l’enfant ne soit pas mort. Les lettres s’agrègent les unes aux autres et dans l’épuisement, la douleur qui la rouent, James lui plaît, James comme son père, un accord inattendu, déroutant et ouvert : la do do mi fa#, auquel il faut une suite, qui appelle résolution, un prénom de commencement. Pouvoir nommer, c’est une joie violente, plus encore que celle de voir le visage de l’enfant, plus que celle d’être mère – elle a peur d’être mère. Mais nommer quelque chose qui n’appartient pas complètement au camp, quelque chose à soi. James. Prononcer, décider James, quitter le camp. Le temps de dire James prendre son corps à son cou et franchir les hauts murs. Puis la Schwester annonce que James porte le numéro de Mila greffé d’un bis, et sa voix prononce la phrase inscrite sur le registre : Langlois James, politische Deportierter, Franzose, geboren am 29. September 1944, 12 Uhr – Ravensbrück. »
      Kinderzimmer, p. 119.

      • dans le TGV j’avais lu la critique de Ligier ,j’étais atterrée … et très triste .
        Puis je me suis dit qu’il n’était pas possible qu’il ait lu le livre ou seulement la 4ième de couverture et argumenté avec tous les à priori d’un super macho que je présume qu’il est . . .
        Merci d’avoir « dézingué » sa critique et lui même et de si bien présenter Kinderzimmer . . . A samedi ?

        Jane

      • A samedi Jane. Avec plaisir. Bien sûr que ce pauvre Liger n’a pas lu plus de quelques pages au hasard, en plus du dossier qu’il aura reçu en service de presse. Il est payé pour aligner ses virgules en salopant des livres qu’il n’a pas pu comprendre, ni même approcher vu son intelligence très formatée. Il a compris qu’il lui suffisait d’être pris en photo à côté de Patrick Poivre d’Arvor pour imaginer que son petit pouvoir rive gauche l’autorise à assassiner un travail de plusieurs années, sans avoir pris la peine d’interroger ce qui lui échappait. Méchanceté pure et primaire. C’était d’ailleurs une spécialité nazie.

  1. Cher Monsieur,
    Je ne sais pas comment vous remercier pour cette lecture de mon roman, qui me bouleverse. Je suis émue. Je suis reconnaissante.
    Valentine Goby

  2. Un roman émouvant et beau que j’ai beaucoup aimé. Je partage tout fait votre avis sur l’article de Liger dans Lire et sur l’inintérêt ce petit monsieur.

  3. Je ne voudrais pas faire de pub à Liger. Voici ce qu’il vient de m’écrire :
    « @Tieri: a-t-on le droit d’avoir de grosses réserves sur « Kinderzimmer » (ce qui a été le cas de nombre de mes collègues – pour info, oui, c’est un livre qui, en « off », divise beaucoup))? Et de signer un papier véhément et qui peut paraître excessif (mais tel doit être le cas dans le cadre d’une forme journalistique dite du « pour/contre », pour montrer de manière évidente et peut-être trop soulignée une opposition)? Quels romans de la rentrée défends-tu, par ailleurs? Phénomène paranormal, j’ai lu (eh oui, juré, craché!) et apprécié les livres de Jean-Philippe Toussaint, Jean Rolin, Dominique Noguez, Céline Minard, Thomas Clerc ou Loïc Merle – peut-être à tes yeux s’ agit-il d’énormes fautes de goût (question de subjectivité, après tout), mais je les assume. »

    Abus de parenthèses ou malhonnêteté indécrottable ?
    Je recopie sa petite saloperie, celle de Lire, vous laissant juge :
    La page consacrée à Kinderzimmer est inégalement partagée entre
    – une présentation sur vingt lignes
    – un article « Pour » signé par Christine Ferniot sur une colonne
    – un article « Contre » signé Baptiste Liger sur deux colonnes, que voici :

    A la lecture du dernier roman de Valentine Goby, on s’est surpris à imaginer une parodie de slogan publicitaire, façon bande-annonce de « blockbuster » hollywoodien : « Vous avez aimé Les Disparus de Daniel Mendelsohn, Un heureux événement d’Eliette Abécassis et La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett ? Vous allez adorer Kinderzimmer. » Mêlez en effet une période tragique de l’Histoire (la Seconde Guerre mondiale) qui cartonne en librairies, une thématique (la question féminine et, plus particulièrement, la maternité) qui cible facilement le lectorat dominant des dames et une narration lacrymale célébrant une solidarité entre quelques victimes et vous obtiendrez un pur produit calibré pour la rentrée, inattaquable sur le fond, susceptible de recevoir un vaste succès public et, allez savoir, des lauriers automnaux.
    Coup éditorial ou maladresse de l’auteur dépassée par son (gros) sujet, Kinderzimmer relève – consciemment ou pas – de la recette la plus cynique qui soit. Il faut être honnête : Valentine Goby a un évident savoir-faire et possède une plume relevée et tout en sensibilité, comme l’avaient déjà prouvé L’Échappée ou Qui touche à mon corps je le tue. Derrière la simple évocation des camps et le drame humain, on voit bien le projet théorique en germe dans la démarche de la romancière, qui voudrait s’interroger sur le corps et se servir de sa trame pour « relier le son et l’image », « donner sens aux phénomènes, nommer les formes ». Elle tente d’ailleurs de mêler les différents langages au cœur du texte mais, hélas, n’arrive pas à constituer un système littéraire un tant soit peu convaincant. Alors, loin de Robert Antelme ou de Charlotte Delbo, Kinderzimmer s’apparenterait plutôt à une version intello et solennelle des peu glorieux films de « nazisploitation » des années 70. Moins proche de Si c’est un homme que des Déportées de la section spéciale SS ? Par instants, euh, comment dire…
    Baptiste Liger

  4. Des critiques dithyrambiques comme celle-ci j’en veux tous les jours pour mon « JOIF ou Avanie à La Havane » !!! wouah ! si j’avais ce livre, là chez moi, je m’y plongerais tout de suite… mais j’habite au trou du cul du monde et je vais devoir réfréner mon envie car je ne veux certainement pas l’acheter aux libraires de Saint-Girons ni de Foix qui fonctionnent de traviole comme ce Liger… Merci, car au moins j’ai le sentiment que je vais lire un bon livre dans les jours qui viennent !

  5. Il m’a fallu répondre à Liger, qui ne semble pas comprendre exactement ce qu’on peut lui écrire. Puisqu’il faut mettre les points sur les I :
    « Avoir des réserves sur un livre, c’est encore un droit. Mais parler de « nazisploitation » à propos d’un livre à ce point humain et dépouillé, c’est bien la preuve que vous ne savez pas lire autre chose qu’une 4e de couve. Quant à la liste de mes lectures, je ne vois pas en quoi elle validerait ou pas mes accusations que je maintiens, heureux de découvrir que je ne suis pas seul à condamner votre critique en la trouvant minable et malfaisante. Il est vrai que je ne reçois pas de services de presse. Je fais partie de ces pauvres lecteurs qui achètent ce qu’ils lisent à l’intérieur d’une vraie librairie, et qui en parlent avec de vrais libraires, très loin de la rive gauche et de ses prix listés entre copains. »

  6. Merci d’avoir recopié l’article de M. Liger. Le terme de « petite saloperie » est parfaitement approprié. Je n’ai pas encore lu Kinderzimmer, mais après cet éloge j’en ai plutot très envie. Ce critique qui ne sait pas lire ce qu’il critique me fait penser à ce critique de theatre dans un film de Truffaut, pendant l’occupation. Ce genre d’ordure à qui on a envie de casser la gueule, tant ses articles peuvent etre sadiques. Pensez-y Monsieur Liger. La méchanceté vous enlaidit au point qu’un jour on pourrait vous cracher à la gueule.

  7. Après avoir lu la présentation de T. BRIET, j’avais immédiatement compris que ce livre méritait que l’on court l’acheter chez son libraire,…aussitôt dit, aussitôt fait!! Ce livre n’est pas seulement un roman, il est un témoignage bouleversant, une page d’Histoire qui n’avait pas encore été écrite..9 mois pendant lesquels le présent, abrupt, violent (les qualificatifs en deviennent ridicules!), révèle par petites touches, justes, précises, l’abomination de cette vie dans les camps.Des éclats de réalité qui vous éclaboussent de violence, et néanmoins, l’espoir dans le combat, le refus,,….l’enfant à venir, improbable miracle, cristallise la lutte….les échappées belles sur des parcelles lumineuses du passé, autorisent le pas, l’un après l’autre..
    l’enfant est une victoire contre l’abomination….quelle alchimie de l’écriture, en transformant la tragédie en une oeuvre de vie, le triomphe de la vie aussi ténue soit elle, sur la mort ! Merci à VALENTINE (vous avez gagné notre coeur, c’est « notre prix » à Nous, qui sommes conquis), et à T. BRIET qui est un étonnant passeur de textes et d’émotion! nous ne sortons pas indemnes de cette lecture, bouleversés de toute évidence, mais aussi plus forts : « il ne faut jamais désespérer! »

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